Quelques Morts dignes
d'intérêt Historique

Nous présentons une liste, ci dessous en ordre alphabétique, de personnes inhumées dont nous avons pu glaner quelques renseignements de sources secondaires. Cette liste est loin d'être exhaustive, car nous ne pouvons pas, dans cette petite étude, inclure tous les détails trouvés sur ces personnages. Nous avons établi plutôt un groupe éclectique afin de démontrer la variété des personnages. Tous les noms en caractères sont ceux des personnes inhumées dans notre section.

Barry, Gilbert Alexander
Bergsten, Mme. Nils
Brun, Nicolas, Charles, Prosper et Clarisse Nicolas Brun
Dodin, Denis Marin
Dujonc de Boisquenay, Jean Pascal
Fropier, Gabriel Hugues
Lapeyre, Armand
Leboux Dumourier, Pierre Joseph
Mylius, Charles Augustus Etienne
Pas de Beaulieu, J.F.A. Victoire
Perindorge, Julie Amelie Colombe, de
Phélines Villiersfaux, Louis Jacques
Philibert de Ravel de l'Argentière, Claude François, de
Pitot, Charles
Renault de St Germain, Joseph Pierre Xavier
Robes (ou Robles), Anne Eugénie
Schmaltz, Rose
Wantzloeben, Mme Georges André

Barry, Gilbert Alexander

"Chief Secretary to the Government of Mauritius", né à Westminster, c.1781, mort janvier 1831. Arrivé à Maurice, peu après la conquête et a servi sous Farquhar, Cole et Colville. Réputé pour ses "conciliatory methods and easy ways", il était populaire parmi les Mauriciens.  Sa femme était Jeanne Eléonore Aucler; en janvier 1833 son fils retourna à Maurice comme officier du Génie Royal Britannique".

 

Bergsten, Mme. Nils

Née en 1793, morte en 1871. L'épouse de Nils Bergsten, suédois, arrivé à l'Isle de France en 1798. Médecin de grande réputation, son nom est inscrit sur la colonne Liénard. Homme de science, connaissant plusieurs langues, on lui attribue d'avoir établi le premier plan d'immigration indienne. Il a vraisemblablement fourni aux anglais des renseignements sur l'île et un plan d'attaque avant 1810. Leur fils Gustaf Edvard est mort en bas âge.

 

Brun, Nicolas, Charles, Prosper et Clarisse Nicolas Brun né en 1754 à Verdun, fut jugé au tribunal civil de l’Isle de France (ou magistrat selon son épitaphe). De son mariage avec Marie Pelagie Merle naquirent deux fils, Charles(1788 – 1874) et Prosper (1792 – 1851), tous deux enterrés avec lui. Une fille Clarisse (1790 – 1871), y est aussi inhumée ; elle est probablement la fille de Nicolas mais n’est pas mentionnée dans les sources secondaires. Prosper, né à Port Louis, s’engage à l’âge de 15 ans comme nocive à bord des vaisseaux. Très vite, il participa à plusieurs actions avant le combat du Grand Port où il fut blessé. Après la prise de l’île par les anglais, il suivit Bouvet et servit comme enseigne de vaisseaux à partir de 1812. Il prit sa retraite en France en 1817, et rentra à l’île Maurice, où il mourut en 1851.

Dans son éloge funèbre, il est mentionné comme "Brave ami… l’un de ces vieux et dignes enfants du sol dont le courage a contribué à porter haut le nom glorieux de l’Île de France".

Charles, frère ainé de Prosper, aussi né à Port Louis, partit à l’âge de 14 ans sur la corvette le Bélier comme novice. Il entra à l’école navale de Brest et gravit les échelons jusqu’au grade de lieutenant de vaisseau en 1815.

Il voyagea surtout dans l'Atlantique, l’Amérique et la France. En 1815, il démissionna et rentra à l'île Maurice. En 1817, il quitta la marine et s'adonna à l'agriculture puis au commerce.  Il se retira des affaires vers 1856 et mourut en 1874. C'était le dernier survivant à l'île Maurice des officiers créoles du premier Empire. Il épousa Adèle Enouf et laissa trois enfants, dont deux sont, en toute probabilité, dans la tombe avec lui : Henri (1819-1885), et Théodor (1821-1879). Eléonore Baissac (1830-1905) sa femme, y est aussi enterrée.

Charpentier de Cossigny de Palma, Mme Joseph François Marie Françoise Menassier, née en 1752, morte âgée d’environ 30 ans en 1782 à Port Louis. Les témoins de son décès furent Nicolas Céré, Renault de St Germain, Monneron et Dérouledes. Elle laissait des enfants de quatre et un ans. Son mari a publié plusieurs mémoires sur le développement de la colonie. Il était le fils de Jean François, l'ingénieur.  Né à Port Louis en 1736 et mort près de Paris le 28 mars 1809, il fut correspondant de l’Académie des Sciences et "député extraordinaire de l'île de France à l'Assemblée Législative en France pendant toute la période révolutionnaire".

 

Dodin, Denis Marin

Né à Chevreuse en 1733, Dodin (de Montmirail) arriva à l'île de France  en I754 et fonda un établissement, vraisemblablement du génie/construction. Par exemple la fourniture des pierres du tombeau Malartic fut assurée par lui. Il fut particulièrement apprécié par Deforges Boucher qui le trouva dévoué à l'avancement  de la colonie . Il fit le relevé du premier plan topographique qui aie été fait du centre de l'île. Commandant du quartier des Plaines Wilhems en 1790, David Charpentier de Cossigny  le  recommanda  pour la croix de St Louis qu’il reçut en 1792. Il eut cinq filles qui lui donnèrent 25 petits-enfants. Un de ces enfants épousa Jean Baptiste Ribet et nous notons qu’une tombe près de celle de Dodin est celle d’un enfant Ribet, peut-être s’agit-il d’un de ses petits-enfants ?

 

Dujonc de Boisquenay, Jean Pascal

Inhumé au cimetière du Fort Blanc (voir photo). Né à l’Orient en 1740, il a épousé, le 26 Octobre 1761, Marguerite Lossieux de Fontenay. Sa tombe est la plus ancienne qui existe au cimetière de l’Ouest.

 

Fropier, Gabriel Hugues

Né en 1762, mort en 1819. Avocat et membre de l’Assemblée Coloniale. Il épousa Françoise Maillard. Son fils, Sir Gabriel Pierre Louis, 1808-1870, fut nommé aussi membre du Conseil du Gouvernement en 1853, devint premier président de la Chambre d’Agriculture et plus tard maire de Port Louis.

 

Lapeyre, Armand

Né 1758 en Gironde, mort en 1812. En 1778, il fut nommé chirurgien major du régiment de l'Île de France, et puis en 1788 chef des hôpitaux militaires à Pondichéry. En 1796, il fut nommé chirurgien en chef de l'armée. L'épitaphe de Lapeyre diffère en quelques détails (prénom Arnault, né 1748 en Haute Garonne) au DBM 966, N. Regnard, 1971.

 

Leboux Dumourier, Pierre Joseph

Né vers 1759 et décédé en l'An 9 de la République Française (1801). Il était Commissaire Civil pendant la Révolution. Dumourier avait comme témoin à son décès, François Margeon, capitaine de  vaisseau et Jean François Pépin, homme de loi. Sa femme était Dame Pignolet, veuve en premières noces de Perichon St Morice. Est-ce possible qu'Edouard Perichon (1747-1810) qui est sous une jolie pierre sculptée, soit un  parent?

 

Mylius, Charles Augustus Etienne

Fonctionnaire, né à Zell en Allemagne, c l795. Fils du Baron Frédéric Henri Mylius et de Agnès Clara Vander Graff. Il devint "Registrar of Slaves " à partir de 1832. Par conséquent, il était peu populaire chez les propriétaires d'esclaves. Le 1er Mars 1819, il épousa Eugénie Aucler, belle soeur du Colonel Barry, enterrée à côté. Un tombeau de famille a été érigé au cimetière, mais d'après nous, n'a jamais été utilisé, car il mourut c. 1860 en Europe.

 

Pas de Beaulieu, J.F.A. Victoire

Né en 1786 à l'Isle de France, fils de Jean André (1750-1787) et d'Euphrasie Thérèse Simone Bolgerd. Il perdit son père à l'âge d'un an. Son père fut capitaine de vaisseaux, chevalier de St Louis et participa aux campagnes de Suffren aux Indes. Victoire lui même, le suivit dans la marine où il atteignit le grade de lieutenant de vaisseau. Il mourut à l’âge de 55 ans en 1841. Sa mère se remaria en 1791 avec le comte Dupuy, intendant général de l'Isle de France entre 1789 et 1798, et plus tard gouverneur civil des établissements français dans l'Inde, de 1816 à 1826. Elle rentra en France avec son époux et y mourut en 1844.

 

Perindorge, Julie Amelie Colombe, de

Née 1809, morte en 1840. Mariée à Joseph Jules Auguste Corson et mère de Julien Joseph Jules Corson. Plusieurs membres de l'union Perindorge/Corson sont enterrés ensemble. Son fils Jules fut agriculteur et c'est lui qui lança les plantations de thé à Bois Chéri.

 

Phélines Villiersfaux, Louis Jacques

Ingénieur né à Vendôme le 1er septembre 1747, son épitaphe le décrit comme "chef de brigade, directeur du génie". Il mourut en l’An 9 (1799) de la République Française, célibataire au Port Louis. Il servit comme ingénieur-en-chef dans le régiment de Pondichéry, mais rentra à l’Isle de France en 1793 après la capitulation de cette ville. Il s’occupa des fortifications sur l’île et dans tous les établissements français à l’est du Cap au Bonne Espérance.

 

Philibert de Ravel de l'Argentière, Claude François, de

Fonctionnaire et agriculteur, né en Dauphiné en 1745 (à La Mure, Isère, selon le DBM). Arriva à L’Isle de France en 1769, et prit de l’emploi sous le gouvernement révolutionnaire comme garde-magasin d’artillerie et représentant de l’Intendance à Flacq. Il épousa à Flacq, le 7 février 1772, Jeanne Laurence Le Tord, qui lui donna onze enfants, huit parmi eux laissèrent une postérité. Les familles suivantes sont issues en totalité ou en partie du couple de Ravel : d’Arifat, Desmarais, Gaud, Humbert, Jauffret, Koenig, Leclezio, Lesur, Lincoln, Lucas, Regnard, Rey, Thevenau et Ulcoq. Ravel mourut à Port-Louis le 6 décembre 1810 et fut inhumé au cimetière de l’Ouest. Avec lui dans sa tombe se trouve une de ses filles, Aurore Lucas, et près de leur tombe sont d’autres enfants, comme Eugénie Robes née de Rave, et petits-enfants comme Ernest Regnard, mort à 10 ans et Pierre Edouard Ange Robes, mort à l’âge de 9 ans.

 

Pitot, Charles

Négociant, armateur et politicien, né à St Malo, en 1756, il arriva à l’Isle de France en 1777. Deux ans plus tard il épousa Jeanne Merle, et de son mariage il eut sept enfants. Partenaire dans la maison Pitot frères, (Robert et lui), il finança les corsaires dans les années 1780. Ses associations avec d’autres entrepreneurs, comme Thomas Dayot, l’établit comme un des premiers hommes d’affaires dans l’île. Député à l’Assemblée pour des mandats successifs, il y participa pleinement, surtout dans les aspects financiers. Il employa dans sa maison ses neveux Charles, Edouard et Thomy Pitot de la Beaujardière, qui réussirent plus intellectuellement que dans le commerce. Charles Pitot fut actionnaire et président de la nouvelle Banque de Maurice en 1824, et fonda avec 24 autres la Chambre de Commerce en 1827. En 1833, les affaires de Pitot périclitèrent et sa maison tomba en faillite. Néanmoins une sucrerie resta dans la famille jusqu’à 1845, après la mort de Pitot en 1843. Avec lui se trouvent son épouse et son fils Charles (1795 – 1841).

 

Renault de St Germain, Joseph Pierre Xavier

Né à Chandernagore en 1733, son parrain fut Joseph François Dupleix, et son père fut Directeur Général du Bengale. Il suivit une carrière militaire et en 1767 séjourna à l'Isle de France. La même année il épousa Rose Dayot, fille de Thomas Dayot ; à leur mariage furent témoins entres autres Pierre Poivre, de Steinauer, Jean André Desribes, le chevalier de Montvert, le chevalier Bruny d'Oiselle et le chevalier de Tromelin. Pendant qu’il voyageait aux Indes il reçut des concessions de terre à l’Isle de France qu’il développa ensuite. A l’âge de 83 ans, il vendit toutes ses concessions pour habiter au Port Louis où il mourut en 1819. Un de ces enfants, Thomas, suivit une carrière militaire avec distinction en Europe et termina comme Gouverneur du Sénégal, où il mourut en 1833. Thomas épousa en deuxième noces, Marie Cécile Dayot, une cousine.

 

Robes (ou Robles), Anne Eugénie

Née en l775 à l'Isle de France, Anne Eugénie de Ravel, fille de Claude François de Ravel, épousa Edouard Moise Robes (Robles selon les sources secondaires) en 1796 et signa devant le notaire Brun, que "les époux se faisant donation réciproque de la moitié de leurs biens aux survivants". Moïse Robes, négociant avec son père à Bordeaux, fut aussi élu au Directoire dans île. Pendant la Révolution et après, il participa aux travaux administratifs, jusqu'à la prise du pouvoir par Decaen. En 1813, il fonda la Banque de Maurice avec d'autres actionnaires, dont il fut le plus important. La banque fut liquidée en 1824. En 1820 Anne Eugénie mourut, victime d'une épidémie de choléra, qui tua également sa mère et son frère, Thomas. Le corps d'Anne Eugénie fut transporté de Flacq jusqu'au cimetière de l'Ouest pour l'inhumation. Dans sa tombe est inhumé aussi, son fils, Pierre Edouard Ange Robes, âgé de 9 ans et sa nièce Nancy Robes. La pierre tombale fut érigée par Louisa Findon, sa soeur, née de Ravel. Sa fille Nancy et sa soeur, ont toutes les deux épouses des anglais. Nancy, petite fille de Claude François de Ravel, épousa Robert Joseph Latham (1791-c.1837) capitaine du 82eme régiment en 1824. William Findon fut chirurgien militaire et épousa Louisa en 1811 moins d'un an après la prise de l'île par les anglais. Les Findons rentrèrent en Angleterre après une carrière dans les colonies, et quand M. Findon mourut en 1849, Louisa retourna à Maurice. Avant sa mort, elle érigea un monument à sa mère au cimetière de St Julien et aussi la tombe dans notre section.

 

Schmaltz, Rose

Née en 1770 à l'Isle de France, fille de Rose Dayot et Joseph Pierre Xavier Renault de St Germain et petite fille de Thomas Dayot. Morte en 1810, elle laissa un garçon Jules Victor Joseph (1797-1843) qui servit dans l’armée, surtout aux Indes où il était l'aide-de-camp du comte Dupuy et où son grand-oncle maternel François Dayot était intendant général. Plus tard, Joseph Schwartz épousa à Pondichéry, une demoiselle de l'Isle de France. Il retourna en France où il gravit les échelons militaires et fut nommé chevalier de la légion d'honneur en 1829. Il mourut en France en 1843. Rose Schmaltz épousa Charles Louis Schmaltz, époux en premières noces de Marie de Bavière.

 

Wantzloeben, Mme Georges André

Marie Adélaide Lenitz, mariée à Paris en 1772 , à Georges André Wantzloeben, en Saxe, Allemagne, né en 1739, passa à l'Isle de France avant 1789. Son époux fit fortune dans l'agriculture, posséda les domaines sucriers de Bénarès et Savannah. A la fin du 18eme siècle il fut parmi les plus riches colons de l’île.  Adélaide et André Wantzloeben laissèrent deux enfants, leur fille Aimée épousa le Procureur Général Virieux et leur fils Louis André eut fils Georges Auguste qui prit part à la bataille de Grand Port. Georges André Wantzloeben mourut en 1823. L'épitaphe nous indique que sa veuve, épousa en deuxième noces, M. Roze, notaire, mais elle mourut en 1829, six ans après la mort de son premier époux.

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